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APM, 12 mars 2013

Un collectif d'associations constitué contre les salles de shoot

Un collectif d'associations a été constitué pour obtenir l'abandon de l'expérimentation d'une "salle de shoot" à Paris, ont annoncé mardi 12 mars ses promoteurs lors d'une conférence de presse.

Le "collectif pour la prévention des toxicomanies" regroupe, sous la présidence du Pr Jean Costentin, la Fédération des familles de France, la Fédération nationale des associations de prévention des toxicomanies (sept associations), le Centre national de prévention, d'étude et de recherches en toxicomanie, Phares enfants-parents et les sections du Gers et de l'Eure-et-Loir du Centre national d'information sur les drogues.

Ces associations mènent des actions de prévention de l'usage de drogues auprès des jeunes en milieu scolaire et de soutien aux familles de toxicomanes.

Le collectif a envoyé lundi une lettre au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lui demandant de renoncer au projet de salle de consommation à moindre risque (SCMR) auquel il a donné son feu vert en février, et a lancé une pétition en ligne.

"Les salles de shoot sont une vraie mauvaise idée", a déclaré Jean Costentin, estimant que le dispositif actuel d'accompagnement des toxicomanes était important et déjà très coûteux.

"Nous sommes pour la réduction des risques si elle évite deux risques, le prosélytisme des drogues et l'ancrage du toxicomane dans sa pratique".

Il a souligné que les salles de shoot avaient été mises en place dans des pays dépourvus d'un dispositif de prise en charge aussi étoffé qu'en France et que les bénéfices affichés à l'étranger ne seraient pas équivalents dans l'Hexagone.

Le risque de contamination par des pathologies infectieuses ne sera pas diminué, a-t-il estimé. "Soit les usagers de la salle seront déjà contaminés, soit ils ne le seront pas au départ parce qu'ils prennent déjà des précautions".

"On va utiliser nos impôts pour aider des jeunes à se droguer", a ajouté le président de Familles de France, Henri Joyeux, estimant que la salle de shoot constituerait "une valorisation de la drogue". "L'Etat devient complice, les médecins seront complices".

Le collectif est partisan des prises en charge par sevrage total et déplore que l'Etat finance le projet de salle de shoot "au lieu de mettre en place les structures dont les toxicomanes auraient besoin".

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