07 novembre 2016. Mis à jour : 09 janvier 2017

Strasbourg : Ouverture d'une salle de consommation de drogues à moindre risque


"Argos", une salle de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), a ouvert ses portes aujourd’hui à 13 h à Strasbourg. Gérée par l’association Ithaque, elle est destinée à accueillir tous les après-midis, de 13 h à 19 h et 365 jours par an, des usagers de drogues qui souhaitent s’administrer leurs produits de façon sécurisée.

Elle devrait accueillir environ 80 usagers par jour (soit de 120 à 150 passages quotidiens).

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Installé dans l’ancien bâtiment de la chirurgie thoracique dans l’enceinte de l’hôpital civil et avec une entrée dédiée, Argos sera aussi un lieu d’accompagnement des personnes toxicomanes pour les aider à sortir de leur addiction et leur proposer un suivi sanitaire et social.

Les consommateurs auront accès à trois espaces : un accueil, une salle de repos et un espace de consommation avec huit postes d’injection et quatre postes d’inhalation. Le temps à un poste d’injection sera limité à trente minutes. Comme dans la SCMR 'Espace Gaïa' à Paris, dans celle de Strasbourg, les intervenants n’auront pas le droit de pratiquer de gestes mais pourront donner des conseils de bonnes pratiques. Ils dispenseront également une aide médicale, sociale et psychologique.

Argos : Salle de consommation à moindre risque de Strasbourg

Contrairement à la SCMR parisienne, l’installation de celle de Strasbourg s’est faite de manière consensuelle. Le projet était soutenu par le maire de la ville, Roland Ries (PS), depuis 2011. « Le débat a eu lieu dans un climat apaisé », assurait au début d’octobre Alexandre Feltz, l’adjoint au maire chargé de la santé.


D’un coût de fonctionnement annuel de 950 000 euros, le budget est pris en charge en partie par l’assurance-maladie et par les différents partenaires du projet, la Ville de Strasbourg, l’Agence régionale de santé, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et l’Eurodistrict puisque le projet Argos concerne aussi l’Ortenau avec des contributions respectives de 150 000 euros pour les deux premiers et 50 000 euros pour les deux autres.

L’expérimentation de la salle est prévue pour six ans et son activité ainsi que son impact, autant en terme de tranquillité publique que de réduction des risques feront l’objet d’évaluations. L’Inserm sera aussi impliquée dans l’évaluation scientifique du projet.


Source

Legislation regulating drug consumption rooms
     
Flyer SCMR Argos Strasbourg
Argos : Salle de consommation à moindre risque de Strasbourg

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