---



tvanouvelles.ca, 07 février 2012

Sites d’injection supervisée : Tremblay dit non aux organismes communautaires

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a annoncé mardi soir une nouvelle condition à la création de sites d'injection supervisée (SIS) dans la métropole : ceux-ci doivent être situés dans des établissements du réseau de la santé et des services sociaux.
 
«Nous en avons longuement discuté et il n'est pas question de voir un SIS dans un organisme communautaire comme Cactus. C'est un non unanime. Si ça se fait, ça doit se faire dans un hôpital ou dans un autre établissement du réseau de la santé», a déclaré M. Tremblay lors du conseil d'arrondissement de Ville-Marie.
Un groupe de travail formé par la Direction de santé publique de Montréal avait conclu en décembre que la métropole devait se doter de trois centres fixes et d'un sitemobile. La Ville de Montréal s'est aussi prononcée en faveur de l'implantation des SIS. 
 
Le rapport stipulait que les organismes communautaires sont souvent «les mieux placés pour entrer en contact avec la clientèle», et recommandait une collaboration étroite entre les organismes communautaires, les établissements du réseau de la santé et des services sociaux et les forces policières.
 
Déception du milieu communautaire
 
«C'est excessivement décevant. Personne ne s'attendait à ça dans le milieu communautaire. M. Tremblay prend un discours très politicien et fait écho à un discours de crainte et de peur qui n'est fondé sur aucun fait», a répliqué Louis Letellier de Saint-Just, président fondateur de Cactus Montréal, qui vient en aide aux personnes utilisatrices de drogues par injection et inhalation.
 
Selon lui, 93 % de ces usagers qui fréquentent les organismes communautaires ne fréquentent pas le réseau officiel de la santé.
 
M. Letellier de Saint-Just a eu un échange serré avec Gérald Tremblay à ce sujet lors de la période de questions du public. « Nous avons gagné la bataille de l'acceptabilité sociale. La bataille de l'unanimité, elle est perdue d'avance », a-t-il dit.
 
Insécurité
 
Or, selon M. Tremblay, les choses ont changé. «On n'a qu'à écouter les craintes des citoyens. Avec tous les problèmes de polytoxicomanies et de santé mentale dans le centre-ville, il y a de l'insécurité», a-t-il soutenu.
 
Il a d'ailleurs rappelé qu'en 2012, une de ses priorités pour l'arrondissement était la sécurité des résidants de Ville-Marie.

Source
Direct link to this page