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cnw.ca, 12 mai 2011

Services d'injection supervisée : pour le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité

La Cour suprême du Canada entendra aujourd'hui la cause qui oppose le gouvernement fédéral et Insite, le service d'injection supervisée (SIS) de Vancouver. Le gouvernement avait fait appel de la décision de la cour suprême de Colombie-Britannique qui établissait qu'Insite relève de la compétence du gouvernement provincial et que ce service n'enfreint pas les lois fédérales en matière de santé ou de drogues en raison des éléments énoncés dans la Charte canadienne des droits et libertés.

CACTUS Montréal, aux côtés du Réseau Juridique Canadien VIH/Sida et de l'Association Internationale de Réduction des Méfaits, ont acquis le statut d'intervenant dans ce dossier qui ne concerne pas seulement Vancouver mais de nombreuses autres villes au Canada. En effet, nous ne pouvons que constater que la consommation de drogue se produit malgré les dispositions législatives qui viennent interdire son usage. En s'opposant à la mise en place de SIS, les pouvoirs publics augmentent les méfaits associés à l'usage de drogue en ne mettant pas en place des mesures qui ont pourtant démontré leur efficacité pour sauver des vies.

Les services d'injection supervisée viennent réduire les méfaits associés à la consommation de drogues par injection et notamment les morts par surdoses, les infections au VIH/Sida et à l'hépatite C, les autres infections ainsi que la consommation dans l'espace public, ainsi que bien d'autres facteurs mis en évidence par les nombreuses recherches sur le sujet. La situation au niveau du VIH/Sida et de l'hépatite C est alarmante avec des taux d'infection de 17 % et de 68 % respectivement chez les personnes qui utilisent des drogues par injection au Québec. Ces services ont fait leurs preuves depuis maintenant 25 ans et constituent dans de nombreux pays un élément essentiel des programmes de réduction des méfaits au même titre que les programmes d'accès au matériel stérile d'injection ou les traitements de substitution.

« Au-delà de cette cause en Cour suprême du Canada, nos gouvernements doivent se donner les moyens d'éviter la mort de citoyens canadiens par la mise en place de programmes qui ont fait la preuve de leur efficacité » déclare Louis Letellier de saint-Just, président de CACTUS Montréal. Il ajoute : « Est-il moral de laisser des êtres humains mourir alors que nous avons les moyens de s'en prémunir ? »

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