02 février 2017

Salles de consommation de drogue à moindre risque : 1er bilan positif à Paris et Strasbourg 

salles de consommation à moindre risque

Les salles de consommation à moindre risque s'installent dans le paysage français.

Les acteurs impliqués dans l'ouverture de deux salles de consommation à moindre risque, en 2016 à Paris et Strasbourg, ont tiré jeudi 2 février un bilan satisfaisant de cette expérimentation nationale en termes de réduction des risques et de tranquillité publique.

Les gestionnaires des lieux, les associations Gaïa à Paris et Ithaque à Strasbourg, des élus locaux, des représentants de la justice et de la sécurité publique étaient réunis à Strasbourg pour un échange d’expériences sous la houlette de Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).


Les SCMR, dont la droite ne voulait pas à Paris tandis qu’une partie votait au contraire le projet à Strasbourg, mettent à la disposition des consommateurs de drogues "dures", du matériel sécurisé sous la supervision d'équipes composées de médecins, d'éducateurs et d'assistants sociaux.

La police s'engage à ne pas procéder à des contrôles aux abords des lieux.

"Il n'y a aucune difficulté, aujourd’hui, autour de ces questions. Les appréhensions, notamment autour des questions judiciaires diminuent et disparaissent", a souligné le Dr Alexandre Feltz, adjoint au maire socialiste de Strasbourg, lors d'une conférence de presse.

"On peut passer à une autre étape, plus sereine", a renchéri Rémi Ferrand, maire du Xe arrondissement de Paris.

Cette étape est celle de l’accès aux soins et à l’insertion sociale s’agissant d’un public que tous les intervenants ont décrit en grande précarité.

175 passages par jout à Paris. Ouverte à proximité de la gare du Nord, la salle parisienne, ouverte de 13h30 à 20h30, a enregistré 16.000 passages depuis son ouverture le 7 octobre et rencontré 500 personnes. Les passages y sont actuellement de 175 par jour en moyenne.

A Strasbourg, la salle de consommation est au contraire située à l’écart du centre-ville et des habitations, dans l'enceinte du parc des Hospices civils. On n'y enregistre que 20 à 25 passages par jour, 519 en tout depuis le 7 novembre, soit une soixantaine de personnes rencontrées et très peu d’Allemands, bien que la structure ait été aménagée en partenariat avec les autorités d’outre-Rhin.


L'échange entre les deux structures a permis de constater des problématiques sensiblement différentes concernant les populations, 35% de femmes à Strasbourg, 13% à Paris, les produits plébiscités, très majoritairement injectables mais plutôt cocaïne en Alsace, opiacés et crack dans la capitale.

Dans les deux villes, les usagers ont entre 30 et 45 ans et sont, à plus de 40%, contaminés par le virus de l’hépatite C.

"Ce sont des gens précaires, voire très précaires en matière de logement, d’accès aux soins et de couverture sociale", a précisé Danièle Bader-Ledit, présidente d’Ithaque.

Danièle Jourdain-Menninger a rappelé que le plan gouvernemental dans lequel s’inscrivait l’ouverture des deux salles prévoyait une expérimentation de six ans faisant l’objet d'une double étude, sociale et scientifique.

"Au terme des six ans la décision sera prise d’une généralisation", a-t-elle précisé, une troisième salle étant encore susceptible d’ouvrir dans le cadre de l’expérimentation.

Avec cette initiative, la France reproduit "ce qui existe depuis vingt ans en Allemagne, depuis trente ans en Suisse", a souligné Alexandre Feltz.

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