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leparisien.fr, 07 septembre 2012

Salle de shoot : le projet avance à grands pas

Une subvention de 38 000 € à l’association chargée de gérer la future salle de consommation à moindre risque pour les toxicomanes devrait être votée la semaine prochaine en Conseil de Paris.

Le projet d’implanter une salle de shoot à Paris avance à grands pas. En début de semaine prochaine, la majorité soumettra à délibération, devant le Conseil de Paris, l’attribution d’une subvention départementale de 38 000 € à l’association Gaïa, qui œuvre pour l’ouverture de salles de consommation à moindre risque.
Une convention devrait même lier Gaïa à la ville, pour « participer à la phase de préfiguration d’au moins une structure ». Il s’agit, précise le texte de la délibération, dans la phase d’attente de l’autorisation gouvernementale d’expérimentation, de « participer à l’information des acteurs locaux et des riverains ».
 
Elle serait implantée près des gares du Nord et de l’Est
 
Approuvée en Conseil de Paris dès le mois d’octobre 2010, la salle de shoot verra probablement le jour dans le secteur des gares du Nord et de l’Est (Xe), à la pointe du « triangle de la drogue » délimité par les portes de la Villette (XIXe) et de la Chapelle (XVIIIe). Dans un Nord-Est parisien vers lequel migrent et se fixent les toxicomanes, déplacés par les opérations successives de rénovation urbaine. Chassés des squats aujourd’hui démolis, ils se retrouvent désormais dans les quartiers des deux gares, de la place Stalingrad, de la Goutte-d’Or et de la Chapelle, qui concentrent la grande majorité des sites de consommation de drogue « à ciel ouvert » de Paris.
 
« L’objectif du futur dispositif, souligne Pierre Leyrit, directeur de Coordination toxicomanies, vise à réinsérer les consommateurs sur les lieux mêmes où ils se trouvent, pas à les chasser des territoires, ce qui ne fait que déplacer le problème. D’ailleurs, si cette salle de consommation n’est pas créée, les toxicomanes se concentreront plus encore dans les zones où ils sont déjà présents, ou migreront vers la Seine-Saint-Denis. »
 
Si les verts appellent de leurs vœux l’ouverture d’une, et même de plusieurs salles de shoot dans la capitale, la droite n’en finit plus de ruer dans les brancards : « Dans l’état actuel du droit, martèle Jean-François Legaret, président du groupe UMP, cette ouverture est parfaitement illégale puisque la loi interdit la cession et la consommation de drogue… » Un problème qui n’en sera plus un lorsque la salle verra le jour, selon Coordination toxicomanies : « Il est évident, souligne Jean Blocquaux, son président, qu’il faudra, en amont, un accord entre police, justice et acteurs politiques, puisque l’on va autoriser un lieu où se pratiquent des actes illégaux. Les villes européennes qui ont déjà mis en place ces salles ont trouvé des accords satisfaisants : il y a un périmètre dans lequel la police n’entre pas. »


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