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cyberpresse.ca, 11 octobre 2011

Québec donne le feu vert aux centres d'injection supervisée

À la lumière du récent jugement de la Cour suprême confirmant la légalité et la légitimité d'un centre d'injection supervisée de drogues sur la côte Ouest, le ministre de la Santé du Québec s'affiche favorable à l'implantation de piqueries légales chez nous.

Le Dr Yves Bolduc vient d'ailleurs de rencontrer les représentants de Cactus et de Point de repères, deux organismes communautaires venant en aide aux toxicomanes à Montréal et à Québec. Il leur a demandé de prendre le dossier en main. «J'ai discuté avec [eux] des conditions nécessaires vers l'implantation de services d'injection supervisée au Québec, notamment la nécessité d'avoir un véritable consensus autour d'un tel projet. La population, de même que les différents partenaires, notamment les centres de santé et de services sociaux, les municipalités et les services de police, doivent être consultés et impliqués», a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.

«Puisque les services d'injection supervisée peuvent représenter un outil supplémentaire pour lutter contre la transmission des infections transmissibles par le sang, pour réduire les méfaits reliés à l'usage inapproprié de drogues par injection, en plus de comporter plusieurs bénéfices pour la santé des personnes aux prises avec une dépendance à la drogue, je vais suivre avec grande attention le cheminement des projets de Cactus Montréal et Point de repères», a-t-il ajouté.

«On ne peut pas faire fi du jugement de la Cour suprême. [...] C'est sûr que le ministre va apporter son soutien à ce genre de projets qui pourraient voir le jour. Il va soutenir les organismes qui les lui présenteront», renchérit son attachée de presse, Natacha Joncas-Boudreau, au téléphone.

«C'est merveilleux!» Mario Gagnon, directeur général de Point de repères, est aux anges. «Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un service, peu importe qui le fait; on constate au jour le jour des besoins.»

Du chemin à faire

M. Gagnon observe néanmoins qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Il y aura beaucoup de discussions avant l'accouchement d'un plan consensuel : des citoyens ont peur que les piqueries attirent la criminalité, des gens d'affaires sont inquiets pour leur image et leur sécurité, des employés du réseau de la santé devront apprendre à donner les nouveaux soins, les policiers devront accepter de ne pas intervenir sur place... «C'est énormément de travail à faire.» Point de repères trouvera des appuis à la Santé publique. Ouvertement en faveur de l'ouverture de centres d'injection de drogue légaux, le directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale, le Dr François Desbiens, s'est dit prêt à se mettre au travail dès que le ministre donnerait son feu vert.

«Nous considérions que ça devait être des services de santé. On se réjouit donc de la décision de la Cour suprême. Nous sommes satisfaits», a-t-il lancé le 30 septembre, jour du dépôt du jugement du plus haut tribunal du Canada. «C'est important. La Cour suprême reconnaît que c'est dans leurs droits individuels d'avoir des services adaptés à leurs besoins. Ils souffrent d'une dépendance. [...] Cette dépendance est en soi une maladie. On est content que la Cour suprême ait confirmé que ce sont des services de santé auxquels ces "clients" ont droit compte tenu de leur maladie, leur dépendance.»

Point de repères distribue des seringues propres, des trousses d'injection et des soins de santé aux toxicomanes. L'organisme communautaire est installé au 225, Dorchester, à Québec. Dans la capitale, Point de repères évalue qu'entre 2500 et 5000 personnes s'injectent des drogues.

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