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cyberpresse.ca, 18 juin 2011

Piquerie supervisée dans St-Roch : le conseil de quartier mis en demeure

(Québec) Le projet de piquerie supervisée dans la Basse-Ville continue de faire des vagues. La firme Leblond & Associés a mis en demeure le Conseil de quartier Saint-Roch de cesser «toute démarche» relative à un éventuel centre d'injection. Un avis qui n'a toutefois pas empêché le C. A. du conseil de quartier de se prononcer en faveur d'un tel service pour les toxicomanes.

La mise en demeure, signée par Stéphane Leblond, syndic de faillite chez Leblond & Associés du boulevard Charest, a été envoyée mercredi au président du conseil de quartier Saint-Roch, Louis H. Campagna.

Dans le document, plus récent chapitre dans l'épineux dossier qui a fait l'objet d'une consultation publique le 14 mai, Stéphane Leblond demande de cesser toute discussion sur le projet lancé par l'organisme d'aide aux toxicomanes Point de Repères.

M. Leblond, qui travaille dans Saint-Roch depuis plus de 30 ans, avance que puisque la Cour suprême doit bientôt trancher sur la légalité du seul service d'injection supervisé au Canada, Insite de Vancouver, il est «pour le moins hasardeux et inapproprié que le conseil de quartier se prononce avant de faire connaître la décision de la plus haute instance du pays».

M. Leblond estime aussi qu'un tel projet imposerait aux commerçants du secteur des désagréments qui «dépasseraient inéluctablement le seuil de tolérance qu'implique toute relation de voisinage». Il juge de plus qu'un tel service «entrera directement en conflit avec l'orientation donnée au secteur du Nouvo St-Roch».

À la réception de la missive, mercredi, Louis H. Campagna a demandé un avis juridique à la Ville de Québec. «La réponse obtenue dit qu'on peut procéder sereinement dans notre démarche», a-t-il expliqué vendredi.

Oui à quatre contre deux

Devant ce constat, le conseil de quartier a tenu comme prévu jeudi soir son assemblée où les membres du conseil d'administration ont statué à quatre contre deux en faveur d'un projet de centre d'injection supervisé. Le conseil de quartier formulera donc un avis en ce sens à l'arrondissement de La Cité-Limoilou.

Dans cette aventure, M. Campagna déplore la méthode forte utilisée par Stéphane Leblond. «Il n'est pas venu aux consultations, n'a pas déposé de mémoire. Il avait plusieurs options pour faire valoir son point de vue», dit-il. «On reçoit bien son argument et on le considère même s'il n'a pas choisi la manière la plus élégante de le faire valoir.»

Joint par Le Soleil vendredi, M. Leblond a réitéré son opposition à un éventuel centre d'injection supervisé. Un projet qu'il qualifie «d'irresponsable». Même si tout est encore embryonnaire, M. Leblond y voit une manière de marquer dès maintenant son désaccord.

«C'est une façon efficace et claire de dire : "Moi, je suis contre et si vous continuez dans ce processus-là et que ça me cause des dommages, vous allez m'avoir sur votre chemin"», lance-t-il.

Tranchant lorsqu'il parle de ces «piqueries légales» en les qualifiant sarcastiquement de «maison pour drogués pratiquants», M. Leblond assure ne pas s'en prendre aux toxicomanes. «Je n'ai rien contre ces gens-là, ils ont besoin d'aide. Mais pour moi, ces centres, ce n'est pas de l'aide. C'est les maintenir dans cet état tragique», estime-t-il.

Dans sa mise en demeure, Stéphane Leblond estime enfin qu'un service de ce type doit être «supervisé médicalement». Il rejoint ainsi les membres du comité exécutif de la Ville de Québec qui ont annoncé le 16 mai croire qu'un centre d'injection supervisé devrait être situé près d'un milieu hospitalier ou d'un centre de santé plutôt qu'en plein cœur du centre-ville.

L'initiateur du projet, Point de Repères, plaide au contraire qu'un tel service doit être près des usagers de drogues intraveineuses.

Le directeur général de l'organisme, Mario Gagnon, n'était pas disponible pour commenter vendredi.

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