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AFP, 14 décembre 2009

Paris vote une subvention d'étude pour des salles de consommation à moindre risque

La Ville de Paris a voté lundi 14 décembre une subvention à une association qui sera chargée de réaliser une expertise sur les salles de consommation des drogues pour toxicomanes, une mesure inédite défendue par le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen.


"Ce vote (de subvention) va être un événement important car on va s'engager dans une étude avec la volonté de déboucher sur quelque chose, les élus (de Paris) sont intéressés par cette question", a déclaré à l'AFP le président du conseil d'administration de l'AP-HP (Hôpitaux de Paris), avant la séance de vote au Conseil de Paris.

La délibération votée lundi soir consiste à allouer une subvention de 26.000 euros à l'association Elus, Santé Publique et Territoires (ESPT), pour "mettre en place une réflexion, expertise sur les salles de consommation à moindres risques pour toxicomanes", avant une possible expérimentation de salle.

Selon Véronique Dubarry, maire adjointe et élue Verte de Paris, "ce lancement d'étude pour une salle de consommation, salle de +shoot+ diront d'aucuns, c'est un outil sanitaire et social et rien d'autre, ce n'est pas permissif". Il limitera en outre les tensions entre riverains et consommateurs de drogue.

Il s'agit de "rassembler les données, les résultats et expérimentation. Il existe plus de 80 salles de consommation ou d'injection dans plus de 25 villes européennes. Une fois cette comparaison internationale faite, on va réfléchir aux conditions optimum où nous pourrions créer un lieu sécurisé où les toxicomanes prendraient le chemin de la réinsertion", a encore défendu le député socialiste.

"Il est temps que la France qui est en retard sur cette question réfléchisse à une demande sanitaire", a ajouté Jean-Marie Le Guen.

Selon son entourage, "cette délibération servira à ouvrir le débat, ce n'est pas une ouverture de salle de consommation de drogue".

"Nous voulons sur ce sujet rassembler toute l'expertise existante, que ce soit médical, éthique, juridique et politique. La salle de consommation, c'est un lieu où les consommateurs peuvent consommer leur produit sous supervision médicale" pour "réduire les risques".

"A la suite de cette étude j'espère que la municipalité aura le courage d'entrer dans l'expérimentation", a plaidé la conseillère des Verts.

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