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nicematin.com, 27 juin 2011

Nice : piquée par une seringue usagée en allant à la plage

Elle pensait passer la journée à la plage. Elle a fini à l'hôpital, « la peur au ventre ».

Hier matin, E., 64 ans, s'est accidentellement piquée avec une seringue usagée, qui traînait sur le trottoir de la rue Offenbach, devant le local d' « Entractes », association qui accueille des toxicomanes.

Vers 11 heures, raconte-t-elle, « je marchais sans faire attention à mes pieds : je regardais dans le petit jardin d'à côté pour tenter d'apercevoir les chats abandonnés que je nourris habituellement. Je n'ai pas vu la seringue qui s'est plantée dans ma tong. J'ai tiré pour l'enlever et, dans le mouvement, je me suis piquée au poignet ».

Trithérapie d'urgence

Et « l'angoisse » : « Il y avait du sang dans la seringue. J'ai paniqué, je me suis évanouie. Heureusement, le Dr Boucq, qui habite au-dessus, passait par là et m'a conduite à l'hôpital ».

Là, E. suit une trithérapie d'urgence - le traitement dure 28 jours - pour éviter une éventuelle contamination par le HIV et une perfusion de gammaglobuline contre l'hépatite B.

« Reste le spectre de l'hépatite C », explique le Dr Denis Boucq. « Pour cela, on ne peut rien faire sinon attendre ».

« Il faudra que je passe des tests dans trois mois. Les médecins disent que le risque n'est pas écarté. Je me fais énormément de souci ! », s'affole E. qui envisage de « porter plainte ».

L'histoire a rapidement fait le tour du quartier. « C'est scandaleux ! », s'insurge Me Bernard Amozig, lui aussi riverain de l'association.

« Ce qui interpelle dans cette affaire », ajoute le Dr Boucq, « c'est qu'une cinquantaine de seringues usagées puissent se retrouver sur le trottoir. »

« En matière de déchets médicaux, il existe une réglementation stricte », précise-t-il. Les seringues usagées doivent être stockées dans des containers spéciaux qui sont emmenés au centre d'incinération de l'Ariane ».

Le médecin explique aussi avoir vu ces derniers jours « des gens ramasser des seringues dans le jardin abandonné » qui flanque l'immeuble d'« Entractes ». Selon les habitants, cette propriété vide est squattée par des toxicomanes. « Peut-être que la personne a bêtement jeté les seringues dans la poubelle qui a été fouillée par un clochard qui a pris peur et tout laissé sur le trottoir ? » , avance le Dr Boucq.

« Nous sommes désolés », a réagi Stéphane Akoka, le responsable d'« Entractes », centre où des seringues et des kits sniff stériles sont distribués aux usagers de drogues pour limiter les risques sanitaires. Il précise que « la poubelle d'où viennent les seringues n'est pas celle de l'association ». « La nôtre, un container spécial qui permet de jeter du matériel usagé sans que personne ne puisse y avoir accès de l'extérieur, est restée derrière la grille de notre local tout le week-end ». Pour autant, reconnaît-il, « les seringues viennent de chez nous ».

Il confirme aussi que « quelqu'un lui a parlé de nettoyer le jardin et qu'il lui a fourni des containers spéciaux pour déchets hospitaliers ». Pour lui, cet accident illustre la nécessité de salles de consommation. « Notre local n'est pas un lieu de consommation. Un des effets pervers c'est que les usagers, qui souvent n'ont pas de maison, consomment à proximité. Et même si on les sensibilise et qu'on leur explique comment jeter le matériel pour limiter les risques, il y a parfois des problèmes ».

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