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quebechebdo.com, 14 mai 2011

Loin du consensus sur le projet de site d'injection supervisée

Le Conseil de quartier de Saint-Roch consulte les parties prenantes du milieu 
Un site d'injection supervisée (SIS) au centre-ville de Québec contribuera-t-il positivement et sur le long terme à la qualité de vie du plus grand nombre? Voilà la question que se pose le Conseil de quartier de Saint-Roch. La question est simple, les réponses le sont moins et, surtout, divergent d’un groupe à l’autre.

Le conseil de quartier de Saint-Roch, qui s’est associé aux conseils de quartier de Saint-Sauveur et du Vieux-Limoilou dans la démarche entendait aujourd’hui les résidents, commerçants, organismes et institutions du Centre-ville de Québec. Le conseil souhaite ainsi se faire une idée juste quant à l'enjeu.
 
À la question posée, la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale répond qu’un SIS est nécessaire dans un contexte d’offre de service en santé à toute la population, toxicomane ou non; la Société commerciale du Centre-ville, elle, répond non, arguant que les utilisateurs de drogues injectables doivent se tourner vers les centres hospitaliers et non demeurer près des écoles, des parcs ou des artères commerciales nouvellement revitalisées.
 
La Ligue des droits et libertés, section Québec a pour sa part présenté un mémoire en faveur d’un SIS. «Refuser l’ouverture d’un SIS au Centre-ville constitue une violation des droits reconnus, des droits fondamentaux des utilisateurs de drogues injectables. Le service doit se trouver là où est le besoin», a indiqué Sébastien Harvey de la Ligue des droits et libertés, section Québec.
 
Johanne Jutras, représentante de la Maison de Marthe, un organisme qui aide les femmes à quitter la prostitution, a quant à elle défendu une position différente. «Nous souhaitons que notre société fasse plus et mieux en matière de toxicomanie. Les pratiques de réduction des méfaits ne se suffisent pas en elles-mêmes. On veut une stratégie globale obligatoire d’accompagnement à toutes les étapes afin de permettre aux utilisateurs de drogues injectables de se débarrasser de leur toxicomanie.»
 
Le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale, le docteur François Desbiens, a rappelé que «nous devons maintenant nous demander, comme population, quel type de services devons-nous offrir face à la présence de surdoses et de transmission d'ITSS (infections transmises sexuellement et par le sang) en phase épidémique, et devant un moyen aussi efficace et éprouvé que le SIS? Il s'agit là d'un enjeu de santé publique, concernant des clientèles vulnérables aux prises avec une multiplicité de facteurs de risques à la santé, auxquels nous avons tous la responsabilité de répondre en termes de services de santé et de services sociaux».
 
La consultation se poursuit au moins jusqu’à 17 h alors que les questions et commentaires du public seront entendus par un panel composé de représentants de l’Association pour la défense des droits et l'Inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec, la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale, l’organisme Point de Repères, le Service de police de la Ville de Québec et la Société de développement commercial du centre-ville.
Le Conseil de quartier de Saint-Roch devrait prendre position publiquement quant à l'éventuel projet de SIS au centre-ville de Québec le 16 juin prochain.

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