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lapresse.ca, 28 mai 2013

La Ville de Québec reconnaît la définition de piquerie légale

Le dossier d'une piquerie légale revient sur le tapis. La Ville de Québec vient d'ajouter la définition de ce type de service aux toxicomanes dans son règlement d'urbanisme.

«Service d'injection supervisée : espace où l'injection d'une drogue illégale est autorisée et supervisée par du personnel médical», peut-on lire dans le projet de règlement R.V.Q. 2083.

Ce règlement, qui fera l'objet d'une consultation publique le 3 juin à 16h, ne dit pas si la Ville de Québec est pour ou contre un tel service aux utilisateurs de drogue intraveineuse.

Mais comme la possibilité d'une piquerie légale est dans l'air depuis des années et que des études sur les besoins sont actuellement en cours, la Ville vient en quelque sorte reconnaître officiellement les Services d'injection supervisée (SIS) dans son règlement.

«Notre message comme ville est de dire qu'on reconnaît l'existence de ces établissements», a expliqué lundi la porte-parole de la Ville, Marie-Christine Magnan. «C'est l'évolution du règlement. C'est un nouvel usage. Une ville évolue.»

La consultation du 3 juin portera aussi sur le fait qu'en étant inclus dans le règlement, ce type de service fait partie de facto du groupe d'usages P5, soit celui des établissements de santé sans hébergement. Or, il existe actuellement pas moins de 205 endroits zonés de la sorte sur le territoire de la Ville. «Il serait donc possible de mettre des piqueries dans toutes ces zones-là. Ce qui n'est pas toujours le meilleur usage», a précisé Mme Magnan.

L'administration municipale souhaite donc modifier le règlement afin de l'autoriser spécifiquement dans certaines zones.

Pas pour demain

«On va donc le permettre d'usage spécifique pour les SIS et dans un deuxième temps, on va décider où on les place», a poursuivi la porte-parole selon qui d'autres consultations publiques seraient ainsi mises sur pied. Car pour l'instant, l'ouverture d'une piquerie légale à Québec n'est pas pour tout de suite.

Un comité composé de représentants du monde communautaire, de la santé, de la sécurité publique, de la Ville et du gouvernement évalue présentement les besoins pour les utilisateurs de drogue intraveineuse à Québec.

Les travaux se poursuivront au moins jusqu'à l'automne, a indiqué au Soleil un membre du comité, l'organisateur communautaire Marc De Koninck.

Et ce n'est qu'après qu'il sera déterminé si Québec doit ou non se doter d'un tel service. «Tout le monde est conscient de l'aspect sensible, dit-il. Il faut prendre le temps nécessaire et travailler de la façon la plus rigoureuse possible.»

Selon lui, le fait que la Ville de Québec ajoute la définition des SIS dans son règlement est d'ailleurs un signe qu'elle fait aussi preuve de «rigueur».

«Cela traduit que la ville est cohérente, qu'elle est bien au courant et veut avoir un règlement adapté», a dit M. De Koninck.

Le maire Régis Labeaume et plusieurs élus de son équipe se sont souvent dits publiquement opposés à l'installation d'une piquerie dans Saint-Roch, estimant que ce quartier est encore en pleine relance et qu'on souhaite y attirer des familles.

Ouvrir un SIS dans la basse ville, où se concentrent beaucoup d'utilisateurs, est par contre la solution la plus logique aux yeux de son principal promoteur, Point de Repères.

Lundi, Marc De Koninck a assuré qu'aucune décision ou orientation n'était encore décidée par le comité. «Ce ne sera pas nécessairement dans Saint-Roch. Ce serait conclure trop rapidement», a-t-il dit.

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