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lefigaro.fr, 04 décembre 2012

La Ville de Paris subventionne la future salle de shoot

L'hémicycle municipal doit faire voter lundi 38 000 euros d'aide à l'association Gaïa.

Bientôt une salle de shoot à Paris ? La capitale s'y prépare activement, en tout cas. La preuve : au prochain conseil de Paris, la Ville déposera une délibération afin d'accorder une subvention de 38.000 euros à Gaïa-Paris, une association qui milite pour l'ouverture de salles d'injections supervisées. Outre cette contribution financière, la Mairie passera une convention avec l'association afin « de participer à la phase de préfiguration d'au moins une structure médico-sociale innovante », précise le texte soumis au vote la semaine prochaine.
 
En clair, la municipalité appuiera le travail de sensibilisation et d'information à ce qu'elle appelle pudiquement des « nouveaux outils sanitaires ». Des formations pour les futures équipes, « en lien avec le dispositif genevois du Quai 9 ou de Bilbao », sont également prévues. « Il s'agit bien de soutenir la phase de préparation en amont de l'installation à Paris d'une telle expérimentation sanitaire et sociale », affirme la délibération.
 
Au cabinet de Jean-Marie Le Guen, l'adjoint au maire de Paris en charge de la santé publique, on tempère toutefois : « Nous en sommes seulement au stade de la préfiguration. Il s'agit pour l'heure de finaliser le cahier des charges et de lancer une concertation avec les élus locaux, les riverains et les forces de l'ordre. »
 
Manière de dire que Paris se tient prête et se met d'ores et déjà en phase avec le calendrier de la ministre de la Santé. Le 18 novembre dernier, Marisol Touraine avait en effet déclaré que des expérimentations de salles de consommation de drogue à moindres risques seraient mises en place début 2013.
 
« Illégales »
 
Problème : « dans l'État actuel du droit en France, les salles de shoot sont illégales, pointe Jean-François Legaret, à la tête des élus UMP de Paris. « La Ville passe un peu vite par-dessus cet obstacle, renchérit le député UMP Philippe Goujon. Nous voterons contre », assure-t-il avant de faire remarquer que les retours d'expérience sur ce type de dispositif sont loin de faire l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Mieux vaudrait d'après lui, faire de la prévention en prison et envoyer des équipes mobiles dans les squats « car les toxicos ne se shootent pas aux heures de bureau ».
 
Quant au lieu où serait installée cette salle d'injections supervisées, « rien n'est encore signé ni validé », insiste-t-on au cabinet de Jean-Marie Le Guen. « De toute façon, une seule salle ne pourra pas absorber à elle seule l'ensemble de la consommation métropolitaine », estime Sylvain Garel, coprésident du groupe des Verts au Conseil de Paris. Afin de prévenir tout risque d'engorgement, les Verts préconisent donc l'ouverture de plusieurs salles de shoot sur des sites métropolitains distincts. La région Ile-de-France se dit « déjà prête à soutenir les salles de consommation à moindres risques », déclare Laure Lechatellier, vice-présidente du conseil régional Ile-de-France en charge notamment de l'Action sociale et de la santé.

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