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conseil-national.medecin.fr, 08 avril 2011

Centres d’injections supervisés

Le CNOM prend position contre les centres d’injections supervisés (CIS) qui sont des structures où les usagers de drogues par injection peuvent venir s’injecter des drogues qu’ils apportent sous la supervision de personnel qualifié (définition de l’INSERM).
 
Le CNOM a parfaitement conscience que les patients toxicomanes doivent être pris en charge sur le plan sanitaire.
 
Mais le projet de création de centres d’injection supervisés, même expérimentaux, nous parait dangereux pour les raisons suivantes :


  • On lève un interdit :
On accepte l’injection d’un produit illicite et on brouille le message pour les jeunes générations. 
La création de ces centres ne semble pas réduire l’activité parallèle liée à la drogue (deal).


  • La caution par le médecin de l’utilisation de drogues illicites par injection
C’est le point qui nous interpelle le plus ainsi que le questionnement sur la responsabilité du médecin, présent dans le centre, dans l’accompagnement d’injection de produit illicite (non identifié).
 
Le médecin peut-il être à la fois témoin et, quelque part, complice d’un patient qui s’injecte devant ses yeux une drogue illicite ?
En cas de problème de santé survenant au cours ou après l’injection, le médecin ne connaissant pas le produit injecté, pourra –t-il apporter les soins nécessaires à l’usager ?
Que se passera-t-il si, malgré son intervention, l’usager décède par overdose (même si le risque semble amoindri dans les CIS) ?
 
L’Ordre souhaite que l’existant soit intensifié avec un encadrement des toxicomanes, un développement des réseaux et de l’approche sociale.

Aujourd’hui, il existe déjà sur notre territoire :


  • 150 centres d’accompagnement et d’aide à la réduction des risques des usagers des drogues (CAARUD )
  • 500 centres des soins, d’accompagnement et de prévention à l’addiction (CSAPA )

Le coût de ces centres d’injection est estimé à environ : 1 million d’€ par centre et par année, ce qui ne serait pas sans conséquences dans un contexte sanitaire déficitaire tel que le nôtre.
 
La population visée est précaire, majoritairement désocialisée et difficile à encadrer.
Il faut favoriser le côté social et plutôt prévoir des lieux d’hébergement pour cette catégorie de population.
 
Toutes ces interrogations nous conduisent à donner un avis négatif sur ce projet d’implantation de ces centres d’injections supervisées rejoignant ainsi la position de l’Académie de Médecine et du Président de la MILDT.


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