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lequotidiendumedecin.fr, 31 octobre 2012

L'Académie nationale de Médecine crée un groupe de travail pluridisciplinaire sur les centres de consommation de drogues supervisée

Après avoir signifié clairement son « opposition » à la création en France de « salles d’injections pour toxicomanes », l’Académie nationale de médecine prend aujourd’hui « acte » de la récente annonce par la ministre de la Santé, Marisol Touraine du possible lancement d’expérimentations dans ce domaine « avant la fin de l’année ».

L’Académie entend néanmoins faire entendre sa voix dans le débat public en créant « un groupe de travail pluridisciplinaire » sur les centres de consommation de drogue supervisée. Il sera chargé de procéder à une analyse des « implications sanitaires, compassionnelles, économiques et réglementaires » et « d’envisager les possibles conséquences sur la perception de ces pratiques par l’opinion publique ».

Dans un avis adopté le 11 janvier 2011 en séance, l’Académie s’était montrée très critique sur les « salles de shoot » qui auraient selon elle pour conséquence de « sortir de facto les drogues les plus détériorantes du statut illicite » et de remettre dès lors en question « l’image répulsive » de ces produits auprès du public, en particulier des jeunes.

« On ne peut demander à des médecins de superviser ou même de se livrer à de telles intoxications médicalement assistées », car « une démarche médicale ne peut consister à favoriser l’administration de la drogue qui a généré l’addiction », considérait l’Académie, suscitant de vives réactions chez les partisans des expérimentations.

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