---



nicematin.com, 20 juillet 2012

Drogue : la fin annoncée du centre de la rue Offenbach

Christian Estrosi dit réfléchir avec les acteurs du dossier à l’ouverture d’une nouvelle structure plus adaptée. Le maire se dit également « favorable à l’expérimentation d’une salle d’injection ».

Le centre d'accueil des toxicomanes de la rue Offenbach fermera en septembre.

Ce lieu, l'un des deux Centres d'accueil et d'accompagnement de la réduction des risques des usagers de drogues (Caarud) de Nice, « ne répond plus aux exigences de sécurité », a expliqué Christian Estrosi en annonçant cette décision de fermeture prise « en accord avec l'Agence régionale de santé (ARS) ».

Alors que des médecins et l'opposition s'alarment « des risques d'explosion de l'épidémie de sida » que pourrait entraîner cette fermeture (lire par ailleurs), le maire avance l'argument de la sécurité publique. « Ce local est trop petit, il est devenu trop étroit au vu du nombre de bénéficiaires qui viennent majoritairement d'autres villes du département, nombre qui ne cesse d'augmenter depuis 15 ans », justifie-t-il. « Les riverains se plaignent depuis des années, il n'est pas rare que l'on retrouve des seringues dans la rue ! Il y a des enfants », a-t-il ajouté, avant de préciser : « Le Caarud du port pose également problème. »

« Ce ne sera pas au Mont-Chauve ! »

Pour autant, affirme le maire, « j'ai un devoir humanitaire et sanitaire : je ne veux pas mettre à la rue des gens qui ont besoin de la collectivité ».

Et d'indiquer qu'il travaille « depuis plusieurs semaines avec l'ARS pour trouver un lieu plus adapté » à l'accueil des usagers de drogues, « un site unique pour les deux structures, qui sera cogéré par les associations Actes et SOS PSA, et dont la capacité d'accueil sera supérieure à celle des deux centres actuels réunis ».

La localisation de la nouvelle structure niçoise « qui sera mise en service en septembre ou en octobre, en tout cas concomitamment à la fermeture du centre de la rue Offenbach, sera annoncée dans les prochains jours ».Et de promettre : « Ce sera dans le même périmètre, pas au Mont-Chauve ! »

Le maire « favorable à une salle d'injection »

Interrogé sur la pertinence de créer au sein de cette structure une salle « de shoot » (lire ci-contre), Christian Estrosi a affirmé « qu'à titre accessoire et expérimental comme à Paris, je suis favorable à une salle d'injection ». « Je suis prêt à financer les travaux. Je préfère que cela se passe dans une salle où la consommation est encadrée plutôt que dans les rues de Nice avec tous les dangers que cela implique pour la population et pour les toxicomanes. »

« Mais c'est un sujet délicat : je dis "oui" si les autorités sanitaires y sont favorables », nuance-t-il.


Par ailleurs, alors que selon lui, « 70 % des usagers de drogues qui fréquentent les Caarud de Nice viennent du reste du département, Nice ne peut pas être la seule ville qui offre des structures d'accueil aux toxicomanes. Il y aura donc, et toujours en concertation avec l'ARS, une deuxième structure d'accueil dans le département ».

À l'Agence régionale de santé, un responsable confirmait hier soir : « Des réunions vont avoir lieu dans les semaines qui viennent afin de définir les besoins et les possibilités. Ce qui est sûr, c'est que dans les orientations en matière d'addictologie de notre Projet régional de santé (PRS) défini en janvier, il est clairement édicté la nécessité sanitaire et sociale de deux Caarud dans les Alpes-Maritimes. »

De leur côté, les associations Actes et SOS PSA ont fait savoir qu'elles ne souhaitaient « pas s'exprimer avant la tenue d'une prochaine réunion avec le maire et l'ARS ».

Source
Direct link to this page