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medias.uottawa.ca, 11 avril 2012

Des chercheurs sont d’avis que les sites de consommation supervisée amélioreraient la santé des usagers de drogues à Ottawa et Toronto

Selon une étude publiée aujourd’hui, les villes de Toronto et d’Ottawa bénéficieraient de la création de sites d’injection supervisée.

Cette étude, dirigée par Dr Amhed Bayoumi de l’Hôpital St. Michael et Dre Carol Strike de l’Université de Toronto, indique que ces sites pourraient améliorer la santé des usagers de drogues et réduire les méfaits dans cette population ainsi que l’usage de drogues en public.

La professeure Lynne Leonard de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa a collaboré de près à cette recherche en tant que cochercheuse d’une étude antérieure, financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation canadienne de la recherche sur le SIDA, sur la faisabilité d’un site d’injection supervisée à Ottawa. Lynne Leonard est professeure adjointe au Département d’épidémiologie et de médecine sociale, directrice de l’Équipe de recherche sur la prévention du VIH et de l’hépatite C (HIV & Hepatitis C Prevention Research Team) à l’Université d’Ottawa et chercheuse au sein du Réseau ontarien du traitement du VIH.

Après quatre ans de recherche indépendante, les Drs Bayoumi et Strike recommandent de créer trois sites d’injection supervisée à Toronto et deux à Ottawa.

« À l’aide de multiples sources de données, nous avons estimé que les sites d’injection supervisée préviendraient les infections par le VIH et le virus de l’hépatite C et procureraient d’importants avantages en matière de santé aux usagers de drogues à Toronto et à Ottawa », a affirmé Dre Strike.

« Nos analyses suggèrent que l’établissement de trois sites d’injection supervisée à Toronto et de deux sites d’injection supervisée à Ottawa constituerait un bon investissement de fonds pour la santé », a ajouté Dr Bayoumi.

Les chercheurs ont insisté sur le fait que, dans les deux villes, la décision de mettre en œuvre leurs recommandations et les choix du moment et de la manière de procéder reviennent aux représentants élus des deux villes, en consultation avec leur communauté et leurs intervenants. On n’a pas demandé aux chercheurs de recommander des endroits précis où établir ces sites, et ils n’ont pas fait de telles recommandations.

Si Toronto et Ottawa décident de procéder à la mise sur pied de sites d’injection supervisée, les chercheurs recommandent toutefois d’établir plusieurs sites, plutôt qu’un site centralisé comme l’organisme Insite à Vancouver. L’usage de drogues dans les deux plus grandes villes de l’Ontario est dispersé, contrairement à l’usage de drogues à Vancouver, où il est concentré dans le secteur est du centre-ville (Downtown Eastside). Les usagers de drogues indiquent qu’ils ne veulent pas d’un centre unique auquel la communauté serait opposée. Les membres de la communauté que les chercheurs ont consultés préfèrent, eux aussi, que de multiples sites soient établis dans chaque ville afin de réduire au maximum l’impact qu’ils pourraient avoir sur les quartiers dans lesquels ils se trouvent.

Les chercheurs ont souligné qu’il y a eu une réduction du partage de seringues, des surdoses et de l’injection de drogues en public depuis qu’Insite a ouvert ses portes à Vancouver en 2003. Il existe plus de 90 sites d’injection supervisée en Europe et en Australie.

Le rapport des Drs Bayoumi et Strike est considéré comme étant l’étude la plus vaste sur cette question. Leur recherche découle de la stratégie de lutte contre la drogue adoptée par le conseil municipal de Toronto en 2005. Cette stratégie fait ressortir la nécessité d’évaluer les besoins et de mener une étude de faisabilité sur l’établissement de sites de consommation supervisée. Dr Bayoumi et Dre Strike recommandent de mettre sur pied uniquement des sites d’injection supervisée, ajoutant qu’il n’y a pas suffisamment de données probantes sur le bien-fondé de sites de consommation supervisée où il serait également possible de fumer des drogues.
 

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