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romandie.com, 09 août 2012

Des centres de consommation de drogue qui font débat en Colombie

Le maire de Bogota Gustavo Petro (gauche) a proposé d'ouvrir des centres de consommation contrôlée de drogue pour tenter de juguler la criminalité liée au trafic, suscitant de vives critiques contre ce projet jugé par certains illégal et contre-productif.

Ce projet, qui verrait le jour en septembre s'il recevait l'aval du gouvernement central, vise à installer des centres de consommation de drogue dans trois quartiers de la capitale colombienne à forte concentration de personnes dépendantes.

Des infirmières, des médecins et psychiatres devraient accompagner les hôtes de ces centres où salles de bain, jeux pour enfants et nourriture seraient mis à la disposition de leurs pensionnaires.

Le projet vise particulièrement la population consommatrice de bazuko, un dérivé bon marché de la cocaïne, suivant l'exemple d'expériences similaires déjà menées au Canada, Portugal, Pays-Bas et Suisse.

Les autorités de Colombie, premier producteur mondial de cocaïne en 2011 avec 345 tonnes selon l'Onu, étaient jusqu'à peu essentiellement focalisées sur la lutte contre le trafic, avant de prendre conscience de la hausse de la consommation locale de drogues.

La proposition de M. Petro a pour vertu d'ouvrir le débat sur la consommation domestique de cannabis, cocaïne, +bazuko+ et héroïne, salue Alvaro Enciso, président de la fondation d'assistance aux personnes dépendantes La Lumière.

Mais le projet s'est attiré les foudres de plusieurs hauts-responsables, dont le procureur général de Colombie Alejandro Ordoñez, qui affirme que non seulement il n'est pas certain qu'il provoque une baisse des délits, mais il promeut la consommation de drogue.

Selon une étude de la mairie, 125.000 des 7,3 millions d'habitants de la capitale sont consommateurs de drogue, dont 70.000 dépendants. Parmi ces derniers, elle dénombre 7.000 consommateurs de bazuko.

En outre, la municipalité souligne qu'en 2011, 252 des 1.632 homicides enregistrés dans la capitale en 2011 - soit 15,4% - étaient liés aux drogues.

Le Congrès colombien a voté en juillet une loi établissant que l'addiction aux drogues devait désormais être abordée comme un problème de santé publique et non plus de délinquance.
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