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Radio canada, 04 juin 2008

Bientôt des salles d'injection supervisée au Québec

La radio de Radio-Canada a appris que le gouvernement du Québec a l'intention d'ouvrir des salles d'injection supervisée où les toxicomanes pourront s'injecter leur drogue en toute sécurité. Ce faisant, Québec entend s'inspirer du projet controversé du centre-ville de Vancouver qu'Ottawa veut suspendre.

Le gouvernement Charest a décidé d'intégrer ce projet dans la dernière version de son programme national de santé publique. L'objectif est d'avoir des salles d'injection supervisée dans les principales régions du Québec, d'ici quatre ans.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec croit qu'une salle d'injection sous la supervision de professionnels permet d'améliorer la santé des toxicomanes et la sécurité du public en général.

« On ne leur fournit pas de drogue, c'est-à-dire qu'ils peuvent venir dans un milieu où il y a des intervenants de santé ou communautaires qui leur permettent quand même de s'injecter de façon adéquate leur drogue plutôt que de le faire dans la rue », explique le directeur de la protection de la santé publique du Québec, Horacio Arruda.

Un centre et des avantages

Selon lui, cette pratique présente divers avantages, car elle réduit les risques de surdose mortelle et de transmission du virus du VIH/sida et de l'hépatite C. De plus, la population se sentirait plus en sécurité, puisqu'il y aurait moins de seringues jetées par terre.

Horacio Arruda ajoute que c'est aussi « une opportunité, probablement, de voir si on peut réinsérer [les toxicomanes] d'un point de vue social et même leur offrir des services de lutte à la toxicomanie ». Il estime qu'il y a suffisamment d'études qui prouvent que l'injection supervisée est une stratégie efficace.

Au Québec, on recense environ 23 000 personnes qui s'injectent des drogues, comme la cocaïne et l'héroïne. Ils le font dans des ruelles ou dans des piqueries insalubres, et parfois avec des seringues souillées. C'est la raison pour laquelle, chaque année, plus d'un millier d'entre eux attrapent l'hépatite C ou le virus du VIH/sida.

C'est donc pour réduire les risques que des pays européens, pionniers dans ce domaine, ont aménagé des locaux pour permettre aux toxicomanes de s'injecter leur drogue en toute légalité et dans des conditions sécuritaires.

La ville de Vancouver a son centre d'injection Insite depuis 2003. La piquerie, la seule du genre en Amérique du Nord, accueille quelque 600 utilisateurs de drogues intraveineuses par jour. Le centre, qu'Ottawa veut fermer, vient d'obtenir un sursis de la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

Source

Québec pourrait ouvrir des salles d'injection supervisée

La Presse Canadienne, 5 juin 2008

Le gouvernement du Canada ne s'opposera pas nécessairement à l'intention du Québec d'ouvrir des centres d'injection supervisée de drogue, où les toxicomanes peuvent s'injecter de la drogue en toute sécurité.

Un tel centre existe à Vancouver mais le gouvernement de Stephen Harper tente de le faire fermer. Il fait appel de la décision de la Cour suprême de Colombie-Britannique, qui elle, a autorisé son fonctionnement.

Mercredi, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a dit être disposé à discuter avec le gouvernement du Québec de son projet en ce sens. À son avis, chaque dossier peut être unique.

Pour sa part, la députée néo-démocrate Libby Davies, qui représente la circonscription de Vancouver où se trouve le centre «Insite», soutient qu'il est évident que le gouvernement conservateur ne veut pas heurter le Québec ces temps-ci. Le Parti conservateur a besoin d'appuis au Québec pour espérer former un gouvernement majoritaire aux prochaines élections fédérales.

Le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux espère pouvoir ouvrir des salles d'injection supervisée dans la plupart des régions d'ici quatre ans. Pour ce faire, le québec devra obtenir du gouvernement du Canada une dérogation à la loi fédérale

Le ministre Philippe Couillard est d'avis que de tels services sont bénéfiques à la fois pour la santé des toxicomanes et pour la sécurité du public. Différentes études menées à travers le monde tendent à démontrer que c'est effectivement le cas, car ils diminuent les risques de surdose et de transmission de virus comme ceux du sida et de l'hépatite C.

Le directeur de la protection de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, a expliqué que les salles d'injection ne fournissent pas de drogue aux toxicomanes. Mais ceux-ci peuvent y apporter leur héroïne, par exemple, et des intervenants leur expliquent comment se l'injecter de façon adéquate et dans un environnement sain. Il ajoute que c'est aussi l'occasion d'offrir aux toxicomanes la possibilité de se défaire de leur dépendance.

MM. Couillard et Arruda suivent de près l'évolution du dossier du centre «Insite» de Vancouver, le seul du genre en Amérique du Nord.

Le ministre Clement estime que ces centres ne font qu'aggraver les dépendances des toxicomanes.

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