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Cyberpresse.ca, 29 mars 2011

Appui aux piqueries supervisées

Les organismes québécois d'aide aux toxicomanes qui souhaitent mettre sur pied des piqueries supervisées ont reçu un appui indirect du Procureur général du Québec, a appris Le Soleil.

Dans un mémoire déposé il y a deux semaines en Cour suprême, le procureur de l'État québécois a estimé que la loi fédérale sur les drogues ne devrait pas s'appliquer au centre d'injection supervisé Insite, à Vancouver, car elle devrait plutôt relever de la compétence provinciale en santé.

Si la loi canadienne interdit de posséder de la drogue ou d'en faire le trafic, ces interdictions «ne sauraient s'appliquer au personnel et aux patients d'Insite en regard des services de santé qui y sont dispensés», peut-on lire dans le mémoire du Procureur.

En janvier, la Cour d'appel de la Colombie-Bri­tannique avait confirmé le jugement d'un tribunal inférieur statuant qu'Insite, le seul centre d'injection supervisé au pays, était un service nécessaire à Vancouver et qu'il devait rester ouvert. Un mois plus tard, le gouvernement fédéral avait cependant demandé à la Cour suprême de revenir sur cette décision.

Dans son mémoire, le Procureur général du Québec se penche uniquement sur la question du partage des compétences et donne son appui à la position de la Cour d'appel de la Colombie-Britannique sur la prépondérance des provinces en matière de santé et donc en ce qui concerne Insite.

Espoir à Québec

À Québec, l'organisme d'aide aux toxicomanes Point de repères souhaite depuis plusieurs années ouvrir un centre d'injection supervisé pour permettre aux utilisateurs de drogues intraveineuses de se piquer de manière plus sécuritaire.

Bien que l'Institut national de santé publique et la Direction régionale de la Capitale-Nationale appuient le projet, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, refuse de donner le feu vert à des piqueries supervisées à Québec, à Montréal ou ailleurs dans la province.

L'attachée de presse de M. Bolduc, Karine Rivard, ignorait hier si le ministre avait pris connaissance du mémoire du Procureur général du Québec. Elle indique toutefois que le ministère de la Santé «suit l'évolution du dossier Insite» et le débat légal qui l'entoure. «Mais pour l'instant, [les centres d'injections supervisés], ce n'est pas une mesure qu'on retient», dit Mme Rivard, précisant que le gouvernement préfère se concentrer sur les mesures qui fonctionnent déjà, comme l'achat de seringues neuves et les subventions aux organismes d'aide aux toxicomanes.

Le directeur de Point de repères, Mario Gagnon, espère que le mémoire déposé par le Procureur général en Cour suprême rassurera le ministère de la Santé sur la légalité des piqueries supervisées. «Je ne vois pas pourquoi la situation de Point de repères, qui veut aussi offrir un service de santé, serait différente de celle d'Insite, dit-il. Pour nous, c'est un pas en avant.»

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